

L’agence de notation américaine S&P Global Ratings a abaissé, vendredi 17 octobre, la note souveraine de la France de AA- à A+, tout en maintenant une perspective stable.
Elle estime toutefois que, sans nouvelles mesures de réduction du déficit, le rythme de consolidation budgétaire du pays pourrait être plus lent que prévu.
Dans son communiqué, S&P justifie sa décision par la persistance d’une incertitude élevée sur les finances publiques françaises, malgré la présentation cette semaine du projet de loi de finances 2026.
L’agence prévoit une dette brute des administrations publiques atteignant 121 % du PIB d’ici 2028, accompagnée de déficits budgétaires élevés au cours des trois prochaines années.
Elle souligne également que l’instabilité politique pourrait peser sur la confiance des investisseurs, freiner la consommation et ralentir la croissance.
Réagissant dans la soirée, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a déclaré “prendre acte” de la décision de S&P tout en réaffirmant les objectifs fixés par l’exécutif.
“Le gouvernement confirme sa détermination à tenir l’objectif de déficit de 5,4 % du PIB pour 2025”, a indiqué le ministre dans un communiqué.
“Pour 2026, le projet de budget présenté le 14 octobre vise à ramener le déficit à 4,7 %, tout en préservant la croissance”, a-t-il ajouté.
“Il s’agit d’une étape clé qui nous permettra de respecter l’engagement de ramener le déficit sous les 3 % du PIB en 2029.”
Si la note “A+” demeure une notation de qualité élevée, cette dégradation représente néanmoins un signal d’alerte pour les marchés financiers et pourrait renforcer la pression sur le gouvernement français, déjà confronté à une hausse du coût de la dette.
Pour rappel, S&P avait déjà mis en garde en mai 2024 contre une trajectoire budgétaire jugée fragile, sur fond de ralentissement de la croissance et de hausse des dépenses publiques.
La décision de S&P intervient alors que plusieurs pays de la zone euro tentent de retrouver une discipline budgétaire conforme aux nouveaux critères européens, dans un contexte de taux d’intérêt durablement élevés.
La France, avec une dette parmi les plus importantes de la zone, reste sous surveillance accrue des marchés et des institutions européennes.
“Cette dégradation n’est pas une catastrophe, mais un rappel à l’ordre.”
estiment plusieurs économistes.
Elle traduit une perte de confiance progressive dans la capacité de la France à stabiliser sa dette sans compromettre la croissance.
À court terme, les taux d’emprunt français pourraient être légèrement renforcés sur les marchés obligataires, accentuant la contrainte budgétaire du pays.



